Project Description

Carceri

Dans les Alpilles, des hommes ont quitté le bleu du ciel et la chaleur du soleil pour s’enfoncer dans ces carrières et creuser de leurs mains cette pierre belle et dure qui a bâti tant d’édifices, et qu’on appelle « la pierre d’Arles ». A regarder ces photographies au noir et blanc profond, nous contemplons des espaces semi-obscurs, labyrinthiques et inquiétants, qui ne sont pas sans évoquer les géométries cauchemardesques des Carceri d’invenzione de Piranese. Prisons tout droit sorties d’une imagination malade ? On dit en effet le jeune Piranese malade, délirant de fièvre, lorsqu’il a gravé ces estampes… Ou imagination seule capable de dire la réalité de nos cauchemars ? Au-delà du représenté, la photographie touche au conceptuel, quitte le territoire du réel pour mieux nous y ramener.